Couleur, physique et psychologie

Théories de la couleur.

« Plus les moyens sont limités, plus l’expression est forte. » (Pierre Soulages)

Principes de colorimétrie

Le spectre des couleurs est la gamme visible des radiations, qui s’étend entre 380 nanomètres (violet), et 730 nm (rouge). Les radiations invisibles sont celles dont la longueur d’onde est inférieure à 400 nm, les ultra-violets et rayons X, et celles dont la longueur d’onde est supérieure à 800 nm, les infrarouges et ondes radio.

Le cercle chromatique, établit par Newton en 1666, qui décompose une lumière blanche avec un prisme de verre, est une représentation ordonnée des couleurs du spectre selon leur longueur d’onde. La couleur n’est ni matière ni lumière, mais l’expression de radiations, de longueurs d’ondes perçues par notre œil.

cercle chromatiques de la couleur

Il va du violet, outremer, turquoise, bleu-vert, vert, vert-jaune, jaune, orangé, rouge, et retourne au violet.
La couleur se définit par sa tonalité, sa saturation ou sa luminosité. Depuis Albert Henry Munsell, ces caractéristiques se représentent sur un modèle tridimensionnel: la luminosité en verticale, la tonalité en circonférence, et la saturation, de la périphérie jusqu’au centre du cercle.

  • La tonalité met en évidence la tendance chromatique en fonction de la longueur d’onde dominante.
  • La saturation, mesurée en pourcentage, mesure la vivacité d’une couleur. La radiation pure des faisceaux du prisme représentent la valeur de 100%.
  • La luminosité, ou « facteur de luminance », représente l’énergie réfléchie par une surface et s’évalue sur une échelle de gris allant du noir au blanc, le noir ayant un coefficient de réflectance égal à 0, et le blanc à 100%.

« A longue distance, les choses claires prennent de l’obscurité, et les choses obscures de la clarté » (Léonard de Vinci)

Un outil d’exploration du cercle chromatique: Perbang.dk

Classifications de la couleur

Couleurs chaudes ou froides

Sont considérées comme couleurs chaudes: les rouges, orangés et jaunes. Sont considérées comme des couleurs froides: bleus et verts.

Couleurs claires

Ce sont les couleurs à faible saturation et à forte luminosité.

Couleurs neutres

On y trouve les dé-saturées, variations de blancs, de gris et de beige.

Couleurs éteintes

Couleur ayant pour caractéristique de ne renvoyer que peu de lumière, ayant une luminosité très faible. Les termes « rompue » ou « rabattue » sont utilisés pour désigner une couleur à laquelle on a ajouté une part de sa complémentaire, une part de noir ou de gris, ce qui lui ôte une partie de son éclat.

Les Complémentaires

Juxtaposées, elles offrent le maximum de contraste.
Les complémentaires soustractives concernent les matières colorées.
Les complémentaires additives concernent les lumières colorées (RVB).

Camaïeu

Il s’agit de la déclinaison d’une seule tonalité sur l’échelle de la saturation ou de la luminosité.

Couleurs pastels et dures

Une harmonie « dure » est à fort contraste, composée de dominantes foncées et froides. A l’inverse, les « pastels » désignent des couleurs blanchies, moyennes, ni très claires ni très saturées. Les craies pastels sont un mélange de pigments et de substance minérale blanche.

Couleurs vives

Couleur saturée et lumineuse, sans noir.

« Un ton seul n’est qu’une couleur, deux tons c’est un accord, c’est la vie » (Matisse)

Plus d’infos sur les classifications colorielles

Phénomènes perceptifs

Chevreul, peintre chimiste, déclare dans les années 1850 plusieurs lois de la relativité des couleurs:

  • « Les teintes n’existent pas par elles-même, mais seulement par comparaison. »
  • « Lorsque l’œil perçoit deux couleurs avoisinantes, elles paraissent aussi dissemblables que possible… »
  • « Chaque couleur est influencée, et influence les couleurs avoisinantes, par sa complémentaire. Les contrastes simultanés désignent l’apparition de la complémentaire, fabriquée par les cellules photosensibles qui tapissent notre rétine. »
  • « La fonction réductrice se produit lors de la confusion de deux couleurs trop voisines. La fonction de différenciation est le phénomène inverse. »
  • « Notre œil exagère les contrastes ».

« L’Oeil réclame toutes les couleurs. » (expression populaire)

Les Accords

On construit un accord en juxtaposant des couleurs de même teinte, saturation ou luminosité, entre six et huit en général. Un accord de deux couleurs se compose de complémentaires, diamétralement opposées sur le spectre. Un accord de trois couleurs forme un triangle équilatéral sur le spectre. Le rythme d’un accord est équilibré si l’on établit une équidistance entre les couleurs, par saturation, luminosité et tonalité.

« La couleur est d’abord un fait de société. Il n’y a pas de vérité transculturelle de la couleur. » (Michel Pastoureau)

Quelques connotations symboliques dominantes des couleurs dans la culture occidentale

CouleurUnivers symbolique dominant
BlancPureté, virginité, sobriété, propreté, clarté
VertCalme, naturalité, équilibre (couleur centrale du spectre)
BleuFroid, technique, savoir-faire
RougePuissant, performance, excitation, transgression, interdit, danger
Jaune/OrangeLumière, énergie, chaleur, renaissance, expansion
NoirIntensité aromatique, fertilité, autorité, tristesse, mort